Visage, est le fruit de mon travail en photographie autour du portrait.

Je suis passionnée par le travail des ombres et des lumières 
qui donnent à un visage tout sa matière et sa puissance. 
Les pages sont traitées individuellement ,
au dos de chaques photographies 
se trouve une citation qui renvoit à l’image.
L’ éthymologie du mot « visage »: 
Du latin visus ou de l’italien viso, de gesicht en allemand dérivé de sehen, 
le visage signifie ce que l’on présente à autrui, ce qui est vu. En grec, prosôpon signifie devant les yeux d’autrui, ce que l’on montre aux autres et ce que sa propre vision perçoit en retour dans le face à face, cela signifie aussi le masque, le visage ou le personnage.      
Pour le philosophe Lévinas le visage c’est aussi « ce qui échange son regard » dans le face à face. Regarder le visage c’est voir au-delà de la forme plastique « ne même pas regarder la couleur des yeux ». Nous sommes comme programmé pour croiser le regard de l’autre lorsque nous le rencontrons. 
Ce sont les yeux de l’autre que nous regardons en premier, c’est notre œil gauche qui regarde l’œil gauche de notre interlocuteur, c’est un regard croisé. 
Ensuite le regard se porte sur la bouche comme si l’on attendait qu’un son en sorte, puis notre attention se porte sur l’expression et l’attitude du corps. Nous cherchons dans le regard, sur la bouche, dans l’expression, dans l’attitude de l’autre toutes les possibles d’une communication non-verbale avant même que la parole entre en jeu. Quoi de plus familier qu’un autre être humain, l’autre nous interpelle toujours. 
Le visage est la porte de la relation à l’autre, représenter un visage sans penser cette relation c’est le représenter comme une chose qui ne serait en lien ni avec l’autre ni avec le monde. Représenter ce lien n’est guère facile, il faut représenter l’intersubjectivité, ce rapport à l’autre, Il faut aller jusqu’à représenter le regard, un regard qui croise celui du spectateur.
L’humain, dans l’appel que me lance son visage est au-delà de la vision, il déborde de la représentation, de la «chosification», par son visage et par sa parole, il prend sens. 
Le visage s’envisage mais ne se dévisage pas. Les pseudos-sciences se mirent en devoir                         de le dévisager et de traquer l’âme invisible, pour le réduire à un « type » au service de l’idéologie raciste. Le visage est la signification première, car le face à face est la situation originelle à partir duquel, il y a du sens. 

Ce qui est premier, ce n’est pas l’être, mais c’est la relation à l’autre. 
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